En partenariat avec Diacritik et le Master Création littéraire de l’Université Toulouse Jean-Jaurès, aura lieu, du 2 au 4 novembre, à Lagrasse le Banquet du livre d’automne. « Histoire du moi, Histoires du monde » : tel est le mot d’ordre d’un banquet qui réunit écrivains et critiques autour de la diction de soi qui s’affronte à la fiction du monde. En voici le riche programme en détails. Suivez le guide.

En partenariat avec Diacritik, se déroulera à Lagrasse, du 2 au 4 novembre, le Banquet du Livre d’automne 2018. Placé cette année sous le signe des « Histoires du moi, histoires du monde », le Banquet convie écrivains et critiques à s’interroger l’intime liaison entre la diction de soi et la fiction du monde, et inversement. Seront ainsi notamment présents Michel Jullien, Jean Rouaud, Jean-Michel Espitallier, Pierre Senges, Jean-Yves Laurichesse, Perrine Lachenal, Arnaud Sauli et Johan Faerber. L’occasion pour Diacritik d’interroger sur ce riche programme Sylvie Vignes, professeur au Master de Création littéraire de Toulouse Jean Jaurès, également partenaire de l’événement.

La mise en scène ne peut être évoquée dans le cadre d’une interrogation sur le roman sans poser tout d’abord cette loi fondatrice : la mise en scène porte une empreinte générique. Elle est liée à l’intime histoire du théâtre, et désigne, comme une violence, le permanent excès du texte de théâtre sur ce qu’il n’est pas : comme si la mise en scène était un théâtre moins le théâtre, l’instance critique d’une théâtralité qui se sait organisatrice de formes sans pour autant parfois vouloir toujours se montrer.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot qui paraît en poche aujourd’hui, chez Folio.

Édouard Louis © Jean-Luc Bertini
Édouard Louis © Jean-Luc Bertini

Après le juste succès de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis est revenu en 2016 avec Histoire de la violence, âpre et magistral roman, qui évoque cette terrible nuit de Noël 2012 où il rencontre Reda avec qui la douceur des premiers instants va tourner à la violence la plus nue et la plus sombre. Diacritik avait rencontré Édouard Louis en janvier 2016 pour évoquer avec lui ce roman, nous republions cet entretien alors qu’Histoire de la violence sort en poche aujourd’hui, chez Points.

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot vient de faire paraître chez P.O.L.

Giorgio Agamben
Giorgio Agamben

Sans doute ne sommes-nous pas encore nos propres contemporains. Sans doute vivons-nous dans le temps qui nous échoit au cœur d’un indéfectible et terrible retard à notre propre époque que nous traversons et où nous sommes jetés de cécité et de surdité – et d’oubli. Sans doute encore peinons-nous dans notre actualité à nommer cette même époque, à lui trouver un visage de langage, à lui donner son nom de Littérature dans la langue : sans doute, de tout ce qui nous écrivons sur ce qui s’écrit, ne sommes-nous pas encore présents à notre contemporain.

Après le juste succès de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis revient en cette rentrée d’hiver 2016 avec Histoire de la violence, âpre et magistral roman, qui évoque cette terrible nuit de Noël 2012 où il rencontre Reda avec qui la douceur des premiers instants va tourner à la violence la plus nue et la plus sombre. Diacritik a rencontré Édouard Louis pour évoquer avec lui ce roman qui s’impose déjà comme l’un des plus puissants de l’année.

La littérature serait-elle d’un bout à l’autre mensonge, imposture et mauvaise foi ? L’idée est dans l’air depuis Maurice Blanchot au moins. C’est qu’après tout, une fiction est une fiction, un montage d’artifices. Mais il n’y a pas que la fiction et, dans ses Confessions, Rousseau entendait être franc et vrai tout au long de son propos. Et pourtant il n’est pas malaisé de montrer que sa sincérité était largement suspecte.

Le Centre Pompidou expose l’œuvre de Dominique Gonzales-Foerster jusqu’au 1er février 2016, un labyrinthe temporel (« Dominique Gonzalez-Foerster. 1887-2058 »), spatial (une trentaine d’œuvres entre la Galerie Sud, les terrasses du musée et l’atelier Brancusi) et intertextuelle tant l’œuvre de l’artiste est nourrie de cinéma, de littérature, de musique et d’architecture. Extension de l’exposition et œuvre à part entière, Marienbad électrique d’Enrique Vila-Matas paraît aux éditions Bourgois. L’ensemble forme un diptyque fascinant, jeux de miroirs entre deux artistes, deux univers, deux manières d’interroger la création, en conversation, dans une double mise en espace de strates qui se superposent, se conjuguent, se répondent.