De Terre liquide, le premier roman si singulier de Raphaela Edelbauer, Olivier Mannoni, son traducteur en français, dit qu’il s’agit d’« une véritable psychanalyse historique » comme de la mise en récit du passé nazi de l’Autriche. La petite ville de Groß-Einland, dans laquelle la narratrice voudrait faire enterrer ses parents, figure en effet toutes les poches de non-dit d’un sol, les trous béants de son Histoire. Raphaela Edelbauer donne forme au tabou, dans un roman proprement sidérant qui mêle burlesque et cauchemar, imaginaire débridé et lecture au vitriol de nos silences coupables.