Yambo Ouologuem, août 1971 à Copenhague
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A 77 ans, le 14 octobre dernier, à l’hôpital de Sévaré, dans la région de Mopti au Mali, l’écrivain Yambo Ouologuem est mort, laissant derrière lui – malgré lui ? –, un des romans phares de la littérature africaine, tous pays confondus, Le Devoir de violence. Né le 22 août 1940 à Bandiagara (pays Dogon), il fut lauréat du prix Renaudot en 1968, l’année de la parution du roman. Acclamé par la critique, il fut, quelque temps après, vilipendé pour cause de plagiat. L’écrivain publiait, coup sur coup en 1969, deux autres ouvrages : l’un sous son nom, Lettre à la France nègre et l’autre sous le pseudonyme de Utto Rodolp, Les Mille et une bibles du sexe. Si ces deux ouvrages sont à consulter, il ne fait pas de doute que ce qui fait la pérennité de son œuvre et la célébrité attachée à son nom est bien son roman : le jury ne s’était pas trompé en lui octroyant le prix Renaudot qu’il était le premier Africain à recevoir !

HausseDesPrixLa semaine des prix littéraires a été lancée hier avec le Grand Prix de l’Académie française et ses deux lauréats, Hédi Kaddour pour Les Prépondérants et Boualem Sansal pour 2084. Un prix en miroir comme deux rives de la Méditerranée primées — et jusque là, comment ne pas être d’accord ? — mais aussi le recto et le verso du livre : d’un côté, l’ampleur, la fluidité, un sens inné et merveilleux (au sens étymologique) du détail qui fait sens, de l’autre des métaphores pâteuses, un didactisme tout aussi étouffant et, disons-le, un très mauvais roman : en somme le meilleur (Kaddour) comme le pire.