S’il fallait à tout prix trouver des héritiers aux cinéastes disparus, ce qui n’est pas certain, l’héritier de Kubrick serait Paul Thomas Anderson. Certes pour lui, contrairement au réalisateur de Barry Lyndon, chaque film n’est pas l’occasion de revisiter un genre mais il suscite la même attente auprès des cinéphiles, on espère chaque fois de lui un grand film, assez différent du précédent : on veut être séduit et surpris. Licorice Pizza séduit et surprend.

Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson signe son huitième opus et Daniel Day-Lewis annonce jouer dans son dernier film. L’événement est facile à créer. La critique s’enthousiasme : « chef d’œuvre », « grand film féministe » (sic). Les uns disent qu’il s’agit d’un film à la recherche de la perfection comme à vouloir poursuivre son sujet et même le dépasser, les autres hèlent les « entendus » se croyant plus malins que tous, pour se faire entendre davantage. Mais de qui ce film est-il le nom ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « fil fantôme » qui est pourtant très épais et a échappé, jusqu’ici, à tout commentaire ?