Évidemment, on ne présente plus Joyce Carol Oates, tant son œuvre est présente et déterminante dans le paysage littéraire contemporain. Que peut faire la ou le critique face à cette œuvre pléthorique et d’une telle ampleur ? S’agit-il de dire quelques mots de tel ou tel livre, d’en signaler la sortie au moyen des phrases habituelles empruntées à la rhétorique du marketing et de la com ?

On pourrait dire de Joyce Carol Oates qu’elle écrit comme elle respire, mais sans doute respire-t-elle parce qu’elle écrit. Elle poursuit depuis des décennies une œuvre prométhéenne, dans sa volonté de dire l’Amérique d’aujourd’hui et d’hier, à l’image d’un Balzac pour la France, dans les années 1830-1840. Des traits de caractère que l’on retrouve dans son dernier roman, Mudwoman, paru dans une traduction de Claude Seban en 2013 chez Philippe Rey et désormais disponible en poche chez Points.