Et si le réalisme contemporain était biologique ?
Si, plus largement, notre rapport au monde, politique comme esthétique, était moléculaire ?
C’est ce que pensait Félix Guattari dans un essai de 1977 appelant à répondre à « la miniaturisation du système répressif » capitaliste par des luttes à la même échelle, vision prophétique (et surtout portée par l’intelligence aiguë d’un présent annonçant son à venir) d’un monde moléculaire. Le titre de cet essai, La révolution moléculaire, est justement le sous-titre de l’exposition Crash Test, choisi par son curateur, Nicolas Bourriaud pour rassembler, sous un « manifeste » commun, les œuvres de vingt-cinq artistes de la jeune scène internationale contemporaine à La Panacée-MoCo de Montpellier.

Denis Roche parle des fenêtres. Est-ce que cela signifie que ses mots sont des fenêtres ? Il écrit : Échapper à l’enchaînement obligatoire. Il écrit aussi : L’instant de folie qu’abrite le déclenchement de la photo. Ecrit-il que la folie de la photo est cette échappée hors de la rationalité obligatoire ? Que la photo elle-même est cette échappée, la folie au centre du regard ? Au centre du monde ? Au centre du monde après le monde, là où il n’y a pas de centre ? Denis Roche dit qu’il vit dans un monde de fenêtres. Qu’il s’est construit un monde de fenêtres et de verrières. Les miroirs aussi sont des fenêtres. Comme les photos. Et les mots.