Vendredi la nouvelle, terrible, est tombée : Pierre Guyotat venait de nous quitter. Avec lui, c’est l’une des voix majeures de la littérature des 20e et 21e siècles qui disparait. Pour en évoquer la puissance si singulière, Diacritik a désiré donner la parole aujourd’hui à l’écrivaine Marianne Alphant qui, en 2000, fit paraître Explications, remarquable série d’entretiens qu’elle mena avec l’écrivain. Nous vous invitons à lire son précieux témoignage d’amitié où se donnent à lire quelques réflexions inédites de l’écrivain. Que Marianne Alphant en soit ici remerciée.

Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier
Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier

Amandine André et A.C. Hello font partie des nouvelles écritures du champ poétique contemporain, un champ où elles s’inscrivent et qu’elles redéfinissent de manière singulière – quitte à s’interroger sur leur appartenance à quelque chose qui serait la poésie.
Rencontre et entretien fait de croisements entre la littérature, la politique, la performance, la langue et ses dehors, la danse, la lecture, Danielle Collobert, la bibliothèque verte, Deleuze ou Bukowski.


Michel Surya

Il en est parfois des livres comme de certains êtres : ils nous obligent. Il arrive qu’il faille répondre des livres comme on répondrait de l’existence de certains êtres qui n’ont pas encore commencé à exister. Ce sentiment je l’éprouvai pour Artaud, je l’éprouve aujourd’hui en lisant Le Mort-né. Cela vient peut-être de la coïncidence des limbes et de la pensée : de la place que l’on fait, que l’on est sommé de faire aux corps maudits dont le livre est le tombeau – à la fin le corps lui-même.