Avec Janis Joplin – Voix noire sur fond blanc, Véronique Bergen poursuit son exploration d’une contre-culture que l’histoire n’a pas réellement enregistrée en tant que telle, dont elle ignore le potentiel subversif, contestataire et créateur. Après Marylin Monroe, Unica Zürn ou Edie Sedgwick, Véronique Bergen écrit ici un livre à propos, autour de, avec Janis Joplin, livre qui serait comme un écho vivant de la vie de Janis Joplin, de ce qu’il y a de vie, encore, pour nous, dans l’existence de « Pearl ».

Argerich (Martha)

Martha Argerich, son jeu chamanique, la musique entre en transe. Schumann, Ravel, Chopin ventriloqués. Le clavier brûle, les quatre-vingt-huit touches transmutent l’enfance en gerbes d’eau et de feu.

Bifurcations

Quand on part avant d’arriver, quand on se grise de l’aléatoire, trois étoiles dans ses poches trouées.

Corps

Tant d’homonymes au corps qu’il migre dans des états post-anatomiques tandis que piaffent des tribus d’esprits en bandoulière.

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Hans Bellmer

Le titre de la fiction de Véronique Bergen, Le cri de la poupée, allie de manière paradoxale le vivant et de l’inanimé, l’expression et la chose muette, l’organique et l’artificiel. Une poupée est dotée du pouvoir de crier, comme si elle était douée de vie. Mais c’est aussi bien le vivant qui est doté des qualités de l’inerte et de la chose artificielle. Le titre condense ainsi les principales lignes qui donnent à ce livre sa logique étrange : le vivant devient poupée et l’humain devient insecte, le mort devient vivant, ou en tout cas parlant, les êtres se dédoublent, les corps subissent une subversion de leur ordre organique pour tendre vers l’inorganique (la poupée) ou de nouvelles configurations étranges (« Te déconstruire, te réagencer, faire de ta bouche un anus »), ou encore passer les frontières des espèces et des règnes (« avant de naître poupée, j’avais vécu en chien »).