Dérangeant. Oui, dérangeant. Le livre de Karine Dusfour nous confronte à quelque chose que nous avions organisé de telle sorte qu’il nous soit possible de n’en rien vouloir savoir. La psychanalyse  (encore elle) nous a appris depuis Freud que le refoulement ne porte pas sur une réalité inexistante, mais précisément sur ce qui, pour le sujet, insiste suffisamment pour devoir être tenu à distance. Lacan quant à lui, radicalisera ce paradoxe en montrant qu’un savoir peut parfaitement être là sans être assumé par celui qui le porte. Le sujet sait, mais ne veut rien savoir de ce savoir. Etonnant n’est-ce pas ?

Si le roman gothique est l’inachevé́ poursuivi par l’imagination, que se passe-t-il dès lors que cette imagination est exacerbée par la crainte du féminicide ? En revisitant le roman gothique, arqué autour du suspens, du mystérieux et de l’inachèvement, l’autrice suédoise Johanne Lykke Holm, construit un glissement subtil d’une destruction à une autre : de la ruine comme symbole d’une époque détruite à l’assujettissement destructeur de la domestication.