Andrée Chedid
Andrée Chedid

La nécessité d’une approche bi-sexuée de la littérature n’est plus à défendre. Les raisons profondes ont été synthétisées par Marcelle Marini, dans l’incontournable Histoire des femmes, (Tome 5) : « C’est dans les textes littéraires que se construit la personnalité. On y apprend à symboliser son vécu, ses émois et ses passions, ses plaisirs, ses angoisses et ses désirs […] Il est donc grave que la subjectivation et la socialisation des deux sexes se fassent dans une littérature monosexuée et, qui plus est, neutralisée par un discours critique monologique […] les garçons comme les filles […] sont privés de tout héritage symbolique au féminin. Tous et toutes font l’apprentissage de la différence sexuelle à travers la représentation d’un sujet masculin pluriel toujours en questionnement et transformation, face à un « éternel féminin » dont les variations dépendent de l’histoire et des représentations des hommes. »

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Au mois d’août 2015, le quotidien britannique The Guardian a publié un classement intéressant, pittoresque et forcément subjectif de ce qu’il considère être les cents meilleurs romans de tous les temps. La particularité est, en l’occurrence, qu’il s’agit évidemment et exclusivement de publications d’auteurs de langue anglaise, quelle que soit leur nationalité ou leur origine et quelle que soit l’époque. Cette classification, plutôt chronologique que thématique, fait donc la part belle à ce que l’on nomme les classiques de la littérature. Le classement commence avec le XVIIè et le XVIIIè siècles.