François Hollande

Jamais un homme politique, sous la Ve République, n’avait peut-être été à ce point désincarné. Jamais peut-être un homme politique, comme François Hollande, n’avait été l’homme de la désincarnation, de l’effondrement en soi du pouvoir, du pouvoir mu en conquête irrésistible d’un soi flasque et fuyant. Hollande a inventé, au sommet de l’État, la formule de l’homme non-politique, de l’homme déclivant – de l’homme qui, par ses retournement successifs, a ouvert à sa suite le champ neuf de toutes les radicalisations, autorise Fillon à tout détruire, Le Pen à tout vomir et Mélenchon à tout gémir.

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On peut toujours rêver tant la réalité cautionne les pires débordements. Rêver en ayant pris trop de médicaments, rêver à halluciner un scénario politique à la Philip K Dick. On y trouverait d’abord une boutique de Collectors le long de la Seine et, dans cette boutique, un livre aberrant. L’intrigue se déroulerait, comme aujourd’hui, en Juin. Mais tout juste après la présidentielle de 1981. On y apprendrait que Mitterrand aurait finalement perdu les élections contre Giscard. Celui-ci, dans la vision d’une France agitée par des revendications sociales, choisirait un premier ministre de gauche, nommé disons Dance, pur technicien conduisant la politique à sa perte.