Ne vous y trompez pas : Des choses que l’imagine de Romy Alizée n’est pas un livre de photographie de montagne.
éditions Rotolux Press
Le 16 mai 2024, la journaliste indépendante et autrice Lauren Malka invite Estelle Benazet Heugenhauser, écrivaine, chercheuse et performeuse, pour une de ses rencontres « À la recherche des Gourmettes ».
Ça commence par une rencontre aux Mots à la bouche. En réalité, ça commence plus tôt, dans une librairie à Marseille où le livre se démarque sur une des tables (ce titre) : Johnny, est-ce que tu m’aimerais si j’avais une plus grosse bite ? Je ne connais pas encore l’auteur, Brontez Purnell — je ne sais pas que je vais le rencontrer deux semaines plus tard à terrasse d’un café parisien, pour un entretien et quelques photos —, mais je connais la maison d’édition, Rotolux, pour avoir édité Anthologie Douteuses et Firestar. Je fais confiance. Je prends le livre. C’est ma mère qui paie. Alors je le lis.
Récemment, la littérature autour de la violence incestuelle se multiplie, tissant une trame de plus en plus serrée d’expériences singulières mais qui, par cette multiplication et ce tissage, se mettent à résonner ensemble. Dans ce contexte, le recueil Firestar d’AD Rose se distingue par une écriture trash, gonzo, une poésie sans lyrisme qui recueille l’écume rougeoyante de la violence et se présente comme la première étape pour construire un espace discursif dans lequel penser en commun le fait incestuel.
Le régime parfait, premier roman de l’écrivaine et chercheuse Estelle Benazet Heugenhauser, est un texte au style corrosif qui produit avec une noire jouissance une réflexion politique sur le corps, ce qu’on y met, ce qui en sort, sur les forces tant physiques que politiques qui le mettent en mouvement et le figent.