L’écriture est blessée et mordante : Isabelle Alentour produit une poésie incisive et nécessaire qui dit l’atroce plus qu’elle n’en parle. Avec Ainsi ne tombe pas la nuit (2019), la poète signe un texte bouleversant où, plus que jamais, l’expression « rage de l’écriture » fait sens et s’inscrit « chair et verbe sur le papier ».
éditions iXe
« De retour à son palais, Shâhriyâr fit décapiter son épouse, ses servantes et ses esclaves.
Il combla son frère Shâh Zamân de cadeaux et de richesses de toutes sortes et le renvoya à Samarcande. Il se mit alors chaque jour à épouser une jeune fille, enfant de prince, de chef d’armée, de commerçant ou de gens du peuple, à la déflorer et à l’exécuter la nuit même. Il pensait qu’il n’y avait pas sur terre une seule femme vertueuse ».
(Les Mille et une nuits, Pléiade, Tome I, traduction Bencheikh-Miquel)
Le viol comme sanction d’une déviance féminine est inscrit depuis longtemps dans nos imaginaires : les contes, qu’ils soient d’Orient ou d’Occident, habituent auditeurs.auditrices, lecteurs.lectrices à considérer somme toute comme normale ou du moins inévitable cette « sanction » contre les femmes, êtres immatures qu’on doit dominer et, si possible, éduquer !