Il est des titres qui sont, déjà, des romans. La seule fin heureuse pour une histoire d’amour, c’est un accident est de ceux-là, programme et creuset d’un récit sidérant, prolongé au chapitre II, sous forme de révélation onirique : « Un jour tu comprendras que la seule fin heureuse possible pour une histoire d’amour, c’est un accident sans survivants. Oui, Shunsuke, ma tête de pioche, mon petit fugu débile : un accident sans survivants ».

António Lobo Antunes
António Lobo Antunes

« Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde » (Jean Genet)

« Le monde a été fait à l’envers », a dit un jour un vieil homme dans un hôpital psychiatrique à António Lobo Antunes. Un homme que « les médecins appelaient schizophrène » et qui, en proie à ces mots qui le torturaient, a donné au jeune écrivain la plus simple leçon d’écriture qui soit : on ne peut écrire qu’à partir de ce qui précède les mots. Par Melina Balcazar Moreno.