Eric Baudelaire © Jean-Philippe Cazier

Du 6 au 18 septembre, le Centre Pompidou propose « Après », une exposition in progress d’Eric Baudelaire. Le projet de cette exposition trouve son origine dans les attentats qui en novembre 2015 ont frappé Paris et Saint-Denis. « Après » interroge moins ces attentats que ce qui se passe « après », en posant les questions : comment en parler ? comment en rendre compte ? comment s’en souvenir ?

Action LGBTQI devant le CSA

Depuis plusieurs jours, une stratégie de pinkwashing se met en place dans les médias. Quelques dizaines d’annonceurs, qui jusque-là avaient richement financé l’émission TPMP, se découvrent des valeurs, une morale, affirmant que l’épisode du piège tendu par Hanouna à des hommes gays serait contraire à ces valeurs. Ces entreprises qui payaient pour que leurs publicités soient diffusées durant l’émission se retirent, drapées dans un Rainbow Flag, mettant un terme au financement de TPMP. Pourtant, cet épisode n’est pas un « dérapage », selon le mot utilisé dans la presse pour atténuer la charge de la critique, un accident différent de ce qui se passe d’habitude dans l’émission : il n’est qu’un moment d’une série continue de propos et de mises en scène homophobes et sexistes.

Marie Cosnay (DR)

Aquerò, de Marie Cosnay, développe des éléments du conte, de la logique et de l’imaginaire des contes. Le livre est une mise en scène de l’enfance. Des animaux y sont des personnages et, parfois, parlent. Les adultes y sont une menace. On y trouve des monstres, des apparitions, des métamorphoses étonnantes du corps. Les lieux y sont la forêt, des grottes, la nuit. Les éléments naturels y ont leur vie propre comme une puissance inquiétante. La mort et la vie y sont partout présentes à l’état brut, non médiatisées par la culture, le savoir, le pouvoir protecteur de la technique. Ce sont la mort et la vie telles qu’elles existent pour l’enfant sans langage et sans pouvoir.

 

Après Ce texte et autres textes (Al Dante, 2015), Jean-Philippe Cazier interroge la possibilité même de l’écriture dans L’La phrase. L’. Acteur de la dépossession, le titre L’La phrase. L’, en sa subversion du prononçable, en son bégaiement créateur, traduit une écriture par le milieu, sans début ni fin, et ouvre un questionnement sur les puissances nomades, disruptives de la langue. Si, de l’interrogation sur les conditions d’avènement du texte (dans Ce texte et autres textes) à l’exploration des tropismes de la phrase, on assiste à un resserrement sur une composante plus réduite du discours, l’on aurait tort d’y voir une recréation de l’entreprise lettriste impulsée par Isidore Isou, laquelle plongeait dans l’au-delà, plus exactement dans l’en-deçà du texte en direction de la phrase, outrepassait la phrase, le mot vers la lettre, dans une libération de la charge signifiante des premiers.

Clémentine Célarié refusant de serrer la main de Florian Philippot

Ce week-end, les sites d’info qui commentent plus la télé qu’ils ne cherchent l’info n’en finissaient pas de titrer : « Clémentine Célarié refuse de serrer la main de Florian Philippot dans « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier. » De quelle époque parlons-nous et de quels actes sommes-nous les hommes pour que ce geste soit promu à la Une ? Quelle est notre intime détresse pour qu’un geste seul, qui devrait être la norme, devienne l’exception sinon l’exceptionnel dans l’abandon quotidien qu’on nous somme incessamment de vivre ?