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En 1953, dans L’Innommable, Samuel Beckett écrivait : « il faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu’il y en a, il faut les dire, (…) il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer. »

Continuer, sans doute est-ce ce qu’il nous faut faire ici. Reprendre le cours des choses, malgré le choc, malgré le deuil, malgré ce sentiment, lourd et tenace, d’un après impossible.

Ariane Moffatt
Au tic tac de l’Horloge de Baudelaire, Ariane Moffatt offre en cette année 2015 un pendant digital sur un 5ème album, étrangement crépusculaire. 22H22 ? « L’heure où ma seconde vie commence ». 22H22 ? Bientôt la fin d’un cycle, et le début d’un autre. Mais quel autre ? A l’instar du poète, la québécoise semble s’interroger sur le déclin de la vie tout au long de ce disque magnifique, hanté par le temps qui passe, la jeunesse qui fane (Nostalgie des jours qui tombent), et va jusqu’à imaginer son propre requiem (Domenico).