Damien Hirst, Lullaby (détail), 2000. Verre, acier, aluminium, résine et peinture
Damien Hirst, Lullaby (détail), 2000. Verre, acier, aluminium, résine et peinture

Au début du siècle dernier, la découverte et le développement des produits anesthésiants sonnent la fin de la douleur physique au cours des interventions incisives. L’anesthésie participe remarquablement à l’évolution des techniques chirurgicales qui sont encore fortement imprécises et dangereuses avant la première guerre mondiale. Les méthodes d’antalgie, dont l’économie serait aujourd’hui impensable quelque soit l’intervention, sont assez récentes : c’est au XIXè siècle qu’ont lieu les premières interventions concluantes sous anesthésie générale à partir des découvertes respectives des savants : Joseph Priestley, Horace Wells, Young Simpson et James Corning.

Londres, début des années 90 : la bulle est double, artistique et spéculative. Randall, charismatique et excentrique étudiant en arts plastiques, rencontre Vincent, jeune banquier, « Mister City ». A travers leur amitié, Jonathan Gibbs, d’une plume féroce et caustique, saturée de wit, cet esprit so british, fait le récit d’une époque dont ils seraient les parangons :

« Je vis comment un groupe de personnes se débrouilla pour accéder à une position dominante dans le milieu de l’art de la capitale, et comment une nation, séduite et titillée par leurs pitreries et leur assurance, s’empara d’elles pour les porter au pinacle de sa culture, de sa vision d’elle-même, à une époque où le monde braquait ses regards sur Londres en proclamant le retour du Swinging London ».

En 2006, Deborah Eisenberg publiait un roman implacablement titré Zwilight of the Superheroes (Le crépuscule des superhéros, L’Olivier, 2009). En 2011, Marco Mancassola lui donne la réplique (sismique) avec La Vita erotica dei superuomini (La Vie sexuelle des super-héros, Gallimard). Comme l’illustration romanesque des installations de Gilles Barbier, L’Hospice (2002) ou du passage des Heroes de David Bowie (1977) (we can be heroes / just for one day) aux Zeroes, dix ans plus tard, sur l’album Never let me down. « Ne tombe pas » sont derniers mots, murmurés, de La Vie sexuelle des super-héros, justement.