Avant que le spectacle commence, le personnage existe déjà, mais à peine, esquissé au creux d’un roman de Joy Sorman. Dans Comme une bête, l’autrice raconte le parcours initiatique d’un apprenti boucher. Au début de l’apprentissage, mention est faite d’une classe de garçons parmi lesquels on compte une fille, une seule à oser envisager ce métier d’homme : salissant, dangereux, éprouvant, au cœur de la chair des bêtes et du paradoxe de nos désirs. Car « nous aimons les animaux et pourtant, nous les mangeons… ». Amour, nourriture, boucherie et sexisme — et si tout cela n’était qu’une affaire de corps, d’incarnation, de théâtre donc ?