Comment écrire sans soi quand on se lance dans un autoportrait, qui plus est dans la collection « Traits et portraits » de Colette Fellous chez Mercure de France ? Tel est le défi, comme impossible, que se donne Pierre Ducrozet dans son dernier livre. Et pourtant : si le « je » est partout, le pronom personnel est diffracté par les autres et surtout ouvert au monde, comme dilaté, au point d’en effet sinon disparaître du moins de n’être plus qu’un prisme pour dire le moi à travers les autres et le monde. Il est un « je » fonction grammaticale et formelle depuis lequel s’énonce un flux de pensées et souvenirs.