© Robert Doisneau, La banlieue en couleur

Robert Doisneau aimait la banlieue, mieux il l’habitait. En 1985, il avait répondu à une commande de la DATAR, utilisant, pour la première fois la couleur, une technique nouvelle pour lui, adaptée à un lieu lui-même en pleine transition, entre quartiers anciens et rénovations, ce que montre un livre récemment paru, La Banlieue en couleur, en mettant en regard les clichés de Doisneau des années 40-50 et ces photographies des années 80.

Zingaro « Ex Anima »

Au commencement était la nuit. Une fois l’œil habitué à l’obscurité, il plonge dans la grande caverne de la « piste ». Au fond de la lande creusée, il aperçoit au loin les silhouettes souples et denses des chevaux qui respirent, s’ébrouent, méditent. Une brume s’élève, celle de l’aurore et des fumigènes. Ils sont tout seuls, entre eux, mais il y a des présences toutes petites, toutes noires, de lads et de serviteurs, et puis nous sommes bien là, tout autour d’eux. La lumière c’est le pâle reflet la lune et d’un projecteur. Il y a une odeur imprécise, à la fois forte, de purin, et parfumée d’encens. Bientôt le cri des oiseaux et des insectes, émis par les appeaux. Tout à l’heure, les vagues de la mer, posées tout au fond d’un petit tamis agité doucement.