Manuela Draeger est une figure insaisissable, féérique, évanescente, l’une des quatre signatures publiées de l’édifice post-exotique, une œuvre protéiforme, qui emprunte au conte merveilleux, au surréalisme, au nonsense anglais, qui s’aventure dans la fausse exégèse scientifique, dans la liste de plantes imaginaires, dans des formes littéraires inventées ; une errance dans un monde d’après la débâcle, dans l’espace noir et l’onirisme, dans la puissance de la fiction – mais toujours ce lien puissant, sensuel, premier entre les derniers révoltés, les ultimes survivants, cette communauté de gestes, de désirs, de corps. Arrêt sur Enfance, qui paraît aux éditions de l’Olivier, est le dernier livre publié du post-exotisme avant ce qui sera sa conclusion, Retour au Goudron. C’est l’occasion de revenir, avec celle qui l’a suscitée, sur le parcours de cette œuvre poignante, tendre, féerique, étrange. Entretien.