Voici un romancier qui cite les Ecritures – en français, en latin ; aujourd’hui dans son roman Persona grata comme précédemment dans Pour les siècles des siècles, qui lui-même faisait suite à Rabalaïre, tous les trois publiés chez P.O.L (en 2021, 2023 et 2025) – chez P.O.L où l’on a aussi un théoricien des images, Jean Louis Schefer (1938-2022) qui dans son ouvrage Cinématographies (1998) développait l’idée absurde (disait-il lui-même) « d’une généalogie des images depuis la scène de Golgotha »…
Alain Guiraudie
Au printemps 2025, les éditions Les Cahiers de la Seine, dirigées par Henri Lefebvre, ont publié un étrange petit livre intitulé Et là je me mets en danseuse, signé Anne Portugal et Vincent Broqua. Un dessin de Jim Dine signé et daté y précède la formule : être rabalaïre : théorème.
Le roman d’Alain Guiraudie est un flux mental et temporel qui s’écoule sur plus de 1000 pages – flux qui est aussi celui du monde, du discours, du désir. Il est souvent question de liquides dans Rabalaïre (sperme, cyprine, élixir, boissons…), mais surtout, de manière plus générale, tout y coule, s’écoule, se répand en des formes qui se déforment, en des identités provisoires, contredites, aqueuses plus que granitiques, en des strates – vagues ou divagations – du monde extérieur et intérieur qui se mélangent – le flux principal, celui qui emporte tout, qui fait et défait tout, étant le temps, ou plutôt la durée, ou plutôt le désir…