Giorgio Fontana construit un « univers narratif », comme il l’écrit dans la note finale de Mort d’un homme heureux, soulignant la complémentarité de ce livre avec Que justice soit rendue, la silhouette du premier roman devenant le personnage central du second. Mais cet univers narratif se divise en une multitude de continents : l’Italie des années de plomb, la justice, la question des filiations et des héritages, des rapports (historiques comme intimes) des fils à leurs pères et la haine et la douleur : « Au bout du compte, cela ne se ramenait en tout et pour tout qu’à la douleur ».

New York, été 81 : les Clash partent à la conquête de New York et le roman du norvégien Frode Grytten, paru en mars dernier chez Buchet-Chastel, nous fait revivre ce summer incandescent…
Le récit est scindé en quatre chapitres et un épilogue, pour suivre tour à tour la manière dont les membres du groupe, Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Topper Headon, vivent cet étrange été durant lequel quatre Anglais aux « coupes de cheveux de nazes », Dr. Martens aux pieds, vont croquer la Grosse Pomme grâce à leur manager, Bernie Rhodes – « les Clash étaient le Parti communiste, et lui Joseph Staline ».
L’enjeu est de taille, le groupe est au bord de la faillite, « même London Calling ne leur avait rapporté que des clopinettes ». Alors ce sera New York et des concerts au Bond’s, parce que « tenir New York par les couilles, c’était tenir le monde entier par les couilles ».