La Grande Conspiration Affective de Romain Noël est un ouvrage singulier qui ne se lit pas mais qui se vit. Le récit se dessine comme un voyage à travers un dédale de questionnements sur l’amour, l’écologie, la destruction, les larmes. On y trouve des réflexions, des partages de récits de vie, des rencontres et des poèmes. Qu’est ce qui fait société ? Qu’est ce qui nous permet d’être ensemble ? L’aventure livresque est donc différente pour chacun.e d’entre nous. Nous devenons, comme le narrateur du livre, un être à la quête de notre unité dans la multitude. Entretien avec l’auteur de cet étonnant « thriller théorique ».

Dans La Grande Conspiration Affective, il s’agit de dire et il s’agit de faire. Si, pour Romain Noël, s’imposent une nouvelle façon de penser, une nouvelle façon de vivre et de dire, il est nécessaire de faire du livre qui dit cette nouveauté l’effectuation de cette nécessité, autrement celui-ci ne serait qu’un ensemble de propositions et d’intentions à l’intérieur d’un monde laissé intact, dont la représentation demeurerait inchangée.

Comment s’en sortir ? se demande Romain Noël à l’orée d’un livre extrêmement singulier, La Grande Conspiration affective. Il cite là Sarah Kofman, signant un renouveau de l’œuvre de la philosophe — Verdier fait reparaître son Rue Ordener rue Labat. Comment s’en sortir quand le monde court à sa perte, quand on est soi-même en plein effondrement, après une rupture amoureuse ?