Chaque événement important – naître, mourir, devenir amoureux, tomber malade… – est à la fois parfaitement exceptionnel et terriblement banal. Chacun est unique et universel. Il existe pourtant quelques cas qui basculent manifestement d’un côté ou de l’autre. Le nazisme, par exemple, est une singularité absolue. En ce sens, il n’est justement pas un exemple. Il n’y eut qu’un nazisme dans l’histoire. Au contraire, le fascisme, même s’il réfère originellement à un moment politique spécifique de l’Italie du XXe siècle, présente certaines caractéristiques transhistoriques claires. Il y a une « essence » fasciste qui se manifeste ici et là et qui peut être reconnue. Ce qu’Umberto Eco nomme l’Ur-fascisme, le fascisme primitif et éternel.

Le 6 mars 2015, Christine Angot écrivait dans Libération : « ça sert à rien d’écrire des chroniques ». Neuf ans – presque deux quinquennats – plus tard, ce texte est toujours d’actualité. Ça sert à rien d’écrire des chroniques parce qu’apparemment tout le monde s’en fout. On a beau vouloir éveiller les consciences, interpeller, faire réfléchir, questionner, faire un pas de côté en usant de l’ironie ou en y allant frontalement pour mieux tenter de toucher les esprits et faire bouger les lignes, il semblerait qu’en cette fin juin 2024, ça n’a effectivement servi à rien.