Derrière le buzz, l’automne.
L’affirmation suivante ne choquera pas les gens qui feuillettent régulièrement la presse musicale ou qui épluchent tous les sites référents en la matière (Pitchfork, Stereogum et compagnie) qui dictent les tendances, avec un fil d’actualité monopolisé par une liste de quelques artistes sur lesquels tout le monde semble tomber d’accord.

Inutile de s’appesantir sur la passé, il n’a que peu de connexion avec le présent dans ce cas. L’auditeur peut parfaitement ignorer que la chanteuse du jour était l’une des 3 membres de The Pipettes, groupe féminin de Pop Indé qui a déclenché un petit buzz il y a 10 ans de cela, avant de tomber dans l’oubli avec un 2è album dance pourtant pas déplaisant. Les compteurs sont remis à zéro.

Au tic tac de l’Horloge de Baudelaire, Ariane Moffatt offre en cette année 2015 un pendant digital sur un 5e album, étrangement crépusculaire. 22H22 ? « L’heure où ma seconde vie commence ». 22H22 ? Bientôt la fin d’un cycle, et le début d’un autre. Mais quel autre ? A l’instar du poète, la québécoise semble s’interroger sur le déclin de la vie tout au long de ce disque magnifique, hanté par le temps qui passe, la jeunesse qui fane (Nostalgie des jours qui tombent), et va jusqu’à imaginer son propre requiem (Domenico).