Gangster, c’est l’appartenance à un gang, à un groupe privé qui vient détourner des fonds ou le sens de ce qui est dit. Au point d’introduire partout dans le système des échanges et des idées, des formes de récupération et de réaction. Gangster est le nom du blanchiment d’un trafic. Blanchiment du sens, des valeurs, des arguments, des régimes de discours et de phrases que Lyotard avait soigneusement distingués dans Au juste, et encore dans un livre savant relatif au Différend.

Mais comment en viens-je à écrire sur « le phénomène woke » comme on aime à le qualifier ? Est-ce ce que je n’aurais pas mieux à faire, surtout si j’estime que justement il constitue un détournement stérile d’énergie, un lâcher de passions tristes vite confirmé par un détour sur les réseaux ou en compulsant un énième ouvrage avec son petit chapitre sur les identités ?