Où se finit le processus créatif ? à quel moment l’œuvre impose-t-elle son point final ? quand savoir quand l’œuvre proliférante se met à dévorer le créateur lui-même ? L’œuvre de Tolkien, par son immensité, sa précision, ses scrupules, sa puissance imaginative, provoque ces problématiques consubstantielles à la fiction, mais spécifiques à l’émergence, l’édification et l’érection d’un monde secondaire – le premier des mondes secondaires, pourrait-on aller jusqu’à dire, par sa date comme par sa réussite. Les Contes et Légendes inachevés, qui reparaissent chez Bourgois dans une édition à la traduction révisée, illustrée de plus par Alan Lee, John Howe et Ted Nasmith, permettent d’explorer un peu plus la vastitude légendaire de ce territoire imaginaire.