Après un premier album surprenant et plus que convaincant, les Psychotic Monks proposent aujourd’hui Private Meaning First, un second opus tout aussi surprenant et très réussi. Les quatre musiciens sont d’abord préoccupés de leur art et s’y engagent ici avec plus de radicalité encore. Tout y est plus resserré, incisif, tranché, en quelque sorte brut, pour un album qui affirme sans concession sa singularité et ses partis pris.

The Psychotic Monks © Jean-Philippe Cazier
Après deux EP déjà remarqués, les Psychotic Monks proposeront ce 21 avril leur premier album Silence Slowly and Madly Shines. S’il avait un équivalent visuel, cet album couvrirait une étendue allant d’une gravure de William Blake au visage d’Iggy Pop, période Stooges. Marqué par une ambiance évocatrice du romantisme anglais comme du rock garage, les morceaux font se télescoper les Pink Floyd et le Velvet Underground, Nick Cave et la temporalité étendue de Mahler. Rempli d’énergie, de chaos autant que d’un silence suspendu à quelques accords presque arrêtés, le disque s’immerge dans un monde qui est un voyage rêveur, sombre et lumineux, à travers des intensités multiples et toujours fortes, du quasi chuchotement au cri. Loin de n’être qu’une compilation de références, Silence Slowly and Madly Shines se présente comme une expérience musicale à l’alchimie inventive et réussie. C’est dans cette synthèse que les quatre membres du groupe se sont lancés tête la première, de manière radicale, sans concessions ni effets faciles. Rencontre et entretien où il est question autant de rock que de poésie, d’Alien que d’Emily Dickinson, d’électronique, de composition, de chant grégorien que de Wenders ou d’Edgar Poe.
Entretien