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Notre époque se vante d’avoir conquis toutes les libertés, mais elle n’a jamais autant tenu du stalinisme. L’état d’urgence permanent, l’omniprésence de la menace terroriste, les interdictions de circuler ou de manifester données sur ordre des renseignements, l’interdiction de manifestations syndicales et leurs autorisations parodiques, cernées par la police, mènent la vie dure au mythe républicain.

Depuis quelques jours, la polémique enfle autour de l’œuvre de Goin. Les réactions outrées se multiplient avec de nombreux arguments mêlant la lutte contre le terrorisme, le refus du mépris de la police, les problèmes plus graves ou plus urgents. Je crois qu’il y a quelque chose de grave et d’inquiétant qui se joue ici et je me permets quelques réactions rapides et à chaud.

Régis Debray
Régis Debray

« Qui s’attarde s’abîme, qui part avant l’heure restera dans les cœurs » : c’est avec cette maxime que Régis Debray évoque le destin de deux hommes qu’il a bien connus et même côtoyés pendant une longue période, Fidel Castro et Che Guevara. Cette phrase inaugurale pose la question du mythe du héros romantique, comme un épigraphe aux souvenirs de l’écrivain, égrenés pendant les deux heures du documentaire remarquable réalisé en 2014 par Yannick Kergoat. Diffusé par Arte le mercredi 18 mai (hélas à partir de 23h !) en deux épisodes d’une heure intitulés Itinéraire d’un candide et République, le documentaire est disponible sur Arte-Replay jusqu’au 25 mai prochain.