En 1962, Rachel Carson publiait Printemps silencieux, « fable pour demain », dénonciation sans concession du scandale des pesticides et appel à emprunter une « autre route ». A lire La Malchimie de Gisèle Bienne, qui n’est en rien un roman mais bel et bien un « récit », cette route est encore un espoir vain.

Critique de la société du déchet, énonce le sous-titre de l’essai de Baptiste Monsaingeon, Homo detritus, publié au Seuil en mai 2017, alors que se tenait au Mucem une exposition sur nos Vies d’ordures.
Cette critique de nos sociétés à travers le prisme de nos déchets est, de fait, un terrible « dis-moi ce que tu jettes et comment tu le jettes et je te dirai qui tu es »… L’essai ne part pas d’une hypothèse mais d’un constat, brutal : « L’anthropocène est un Poubellocène ».