La poésie de Ronelda Kamfer (1981- ), voix réputée incontournable de la poésie sud-africaine contemporaine, est souvent rapportée aux expériences de violences qu’elle a traversé au Cap : gang, drogues, pauvreté, violences intrafamiliales… Si de toutes évidences sa poésie est marquée par ces expériences elle ne saurait se résumer à des éclats de vie hantés par un passé douloureux. Le cœur de son recueil Chinatown semble d’avantage travaillé par une question en lame de fond : comment vivre quand nous sommes presque ontologiquement assigné.es à la survie? Que faire de la colère ou de l’amertume ? Et comment se maintenir droite sans tirer sa révérence ?