En ces semaines où les prix littéraires d’automne consacrent des livres tout juste parus, mettant en lumière des textes qui demeureront (L’Ordre du jour d’Eric Vuillard) et d’autres plus éphémères, il serait utile de revenir sur des aventures éditoriales au long cours, de celles qui marquent durablement le paysage de leur empreinte singulière : ainsi Tristram, maison d’édition qui fête cette année ses trente années d’existence, dans une forme tout autant insurrectionnelle qu’anthologique (mais la maison aime les paradoxes et la littérature lui est sport de combat), avec la publication d’une Association de malfaiteurs.

Il ne faudrait surtout pas faire entrer de force Complications de Nina Allan dans la catégorie de la seule science-fiction, quand bien même ce genre nourrit son approche du réel comme du récit. Si ce livre déploie des univers parallèles et nous fait découvrir des dimensions inconnues, c’est bien le pouvoir de toute fiction que la romancière célèbre. De l’Angleterre victorienne à la “Forteresse” d’un futur dictatorial, elle exploite toutes les strates du temps, faisant de ce recueil une approche renouvelée de la forme même du roman, ici compliquée.