Moi, moi, moi… et les autres – Alessandro Blasetti, 1966

Au premier abord, on croit avoir déjà vu quantité de films comme celui-là : une comédie italienne des années 1960, enchainant les sketchs forcément inégaux sur un thème central – ici l’égoïsme – propice à la satire morale et sociale, avec tout le cortège des stars transalpines de l’époque (Gina Lollobrigida, Silvana Mangano, Vittorio De Sica, Marcello Mastroianni…). Si on y ajoute un titre à rallonge qui tire vers la bouffonnerie, on obtient un film comme il y en a eu tant, tout un genre en soi un peu daté et passé de mode. Sauf qu’Alessandro Blasetti (1900 – 1987), son auteur, n’est pas n’importe qui.

Marcello Mastroianni
Marcello Mastroianni

Comme tous les matins, lorsque je vais au travail, mon train s’arrête immanquablement devant le restaurant « La dolce vita » : un vaste espace de baies vitrées qui se trouve à côté de cette station RER à vingt minutes de Paris, où je m’apprête à descendre. Comme tous les matins, guettant des yeux la grande et discrète terrasse qui donne sur la Seine, immanquablement, je me dis : pourquoi ? Pourquoi La dolce vita ? Pourquoi on donne à certains lieux des noms de films ? Les films seraient-ils aussi des lieux ?

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L‘un des monstres sacrés du cinéma italien, Ettore Scola, né en 1931, est mort mardi 19 janvier à Rome. Il avait 84 ans. De sa longue carrière, on retient immédiatement trois très grands films, Nous nous sommes tant aimés (C’eravamo tanto amati, 1974), Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi, 1976) et Une journée particulière (Una giornata particolare, 1977), avec Sophia Loren et Marcello Mastroianni.

Son œuvre est une vue en coupe de l’Italie. Simona Crippa nous rappelle que lors de sa « master class » au théâtre Petruzzelli de Bari, après la projection de Una giornata particolare, en mars 2015, il s’adressa aux jeunes pour les inciter à changer l’Italie :
« On ne vous demande pas de prendre les fusils et d’aller dans les montagnes, mais d’avoir des idées et de l’enthousiasme. »  

Lire ici la première partie de l’hommage de Jérémy Sibony