L’Apparence du vivant, premier roman de Charlotte Bourlard, est sans doute aucun l’un des textes les plus singuliers à paraître en cette rentrée d’hiver. Le sujet tient en quelques lignes — une jeune photographe fascinée par la mort est engagée par un couple vieillissant, les Martin, propriétaires d’un funérarium à Liège. La jeune femme s’installe et veille sur eux. Peu à peu elle est initiée à la conservation des corps et entretient une complicité, toujours plus suspecte, avec Madame Martin. Mais son sujet n’est pas ce qui fait dire de ce livre qu’il est singulier : l’ensemble du livre est porté par une voix unique, capable de passer en un instant de l’humour noir à l’horreur froide, de l’intime au macabre, d’une poésie pop à la cruauté la plus radicale.