Jonathan Franzen
Jonathan Franzen

Jonathan Franzen l’écrivait en 1996 déjà, dans Perchance to Dream, un article publié dans le Harper’s : « Nous vivons dans une culture fortement binaire ».
Une phrase à laquelle on pense en lisant l’exergue de Purity, son dernier roman qui sort en poche, chez Points, « Die stets das Böse will und stets das Gute schafft », empruntée au Faust de Goethe (ou d’ailleurs au Maître et Marguerite de Boulgakov, même exergue), sans référent, sans non plus la question initiale :
« — Qui es-tu donc, à la fin ? — Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien. »

L’œuvre de Thierry Hesse, du Cimetière américain (2003) au Roman impossible qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier, interroge inlassablement notre rapport au réel et à l’Histoire mais aussi la fiction dans son pouvoir à dire les forces et hantises, collectives comme intimes, qui les et nous traversent, au point de rendre, peut-être tout roman impossible.

Jonathan Franzen

Jonathan Franzen l’écrivait en 1996 déjà, dans Perchance to Dream, un article publié dans le Harper’s : « Nous vivons dans une culture fortement binaire.» Une phrase à laquelle on pense en lisant l’exergue de Purity, son dernier roman, « Die stets das Böse will und stets das Gute schafft », empruntée au Faust de Goethe — ou d’ailleurs au Maître et Marguerite de Boulgakov, même exergue —, sans référent, sans non plus la question initiale : « — Qui es-tu donc, à la fin ? — Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien. »

L’exergue de Purity, en allemand non traduit, ouvre à un questionnement qui n’est pas une interrogation de l’identité mais de cette binarité du bien et du mal, l’un envers de l’autre ou résultat paradoxal de l’autre. Telle est notre culture contemporaine, celle dans laquelle nous vivons, pour reprendre l’article de 1996 : notre contexte et dans Purity, la civilisation d’Internet et des lanceurs d’alerte, du journalisme en ligne, des réseaux, l’ère de la transparence et d’une forme de paranoïa, celle des mails et SMS, d’une communication accélérée et, en partie tyrannique.