Pour fêter le trou noir provoqué par notre spécialiste du genre, Aurélien Barrau, avec sa tribune publiée jeudi dernier (plusieurs centaines de milliers de nouveaux lecteurs en quelques heures ou le test grandeur nature des capacités d’accueil de notre serveur, on reconnaît là le scientifique), retour sur les enjeux de notre magazine, trois ans après sa création.

Entre la fiction et le réel, les frontières sont poreuses. Les dystopies semblent s’épanouir dans la première. Tellement, même, qu’il devient difficile de penser que leur abondance, en ce début de XXIe siècle, soit sans rapport avec le contexte où elles s’expriment. Tensions sociales et politiques, emportements et envahissements techniques, féodalisations économiques, dégradations écologiques (liste évidemment non exhaustive) paraissent redonner des conditions historiques favorables à ces descriptions de sociétés ayant déraillé du chemin du progrès collectif : littérature, cinéma, jeux vidéo et autres supports culturels les ont largement accueillies.

Il y a beaucoup de choses à dire sur l’adaptation télévisée du roman culte de Margareth Atwood diffusée sur OCS Max depuis le 26 juin dernier. Dire comment d’un livre paru pour la première fois en 1985, une plateforme américaine de vidéo à la demande a tiré ce qui est probablement une des meilleures séries télé de ces dix dernières années. Dire pourquoi le livre est réédité chez Pavillons Poche avec un bandeau proclamant « le livre qui fait trembler l’Amérique de Trump ». Dire, enfin, la dystopie comme prisme des peurs et des aspirations du monde actuel.