Alors que deux des principaux poètes ayant activement participé au Collectif Change, ce rassemblement d’écrivains en rupture avec Tel Quel et Sollers qui s’est formé aux alentours de mai 68, et qui aura marqué la vie littéraire et intellectuelle jusqu’à la fin des années 1970, avant d’éclater à son tour – Jacques Roubaud et Paul Louis Rossi – nous ont quittés ces derniers mois, il nous importe plus que jamais de célébrer un vivant : Jean-Pierre Faye, âme de ce Collectif du premier au dernier jour : un des derniers rescapés de l’aventure, avec Philippe Boyer (94 ans cette année) qui a depuis longtemps tourné la page, et Didier Pemerle (82 ans) qui a publié récemment Débandades chez Flatland.
Journal du voyage absolu
Dans un de ses ouvrages les plus étonnants, Journal du voyage absolu, sous-titré Jeux et enjeux du grand danger (Hermann, 2003), Jean-Pierre Faye écrit en incipit : “Entrer dans un livre est le seul moyen connu pour entrer dans une tête. Ceci est une entrée. Mais que faire si cette entrée traverse dix, cent, mille entrées ? Car la tête est une Cité interdite.”