Lors d’un dîner avec Joyce Carol Oates, raconté dans Sur la route et en cuisine, Rick Bass cite Richard Ford et sa « philosophie du lapin écrasé : quand on est critique littéraire, dit Ford, il est absurde de rédiger la critique d’un livre qu’on n’aime pas. Autant rouler sur la route et faire un écart pour écraser un lapin ». Critique garantie sans lapin du dernier livre de Rick Bass qui vient de paraître chez Bourgois dans une traduction de Brice Matthieussent.

Seattle, 1999
Seattle, 1999

Fin 1999, à Seattle, «à l’orée du nouveau millénaire, à un mois de la fin du siècle américain», plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent, protestant contre le sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce qui doit avoir lieu dans la ville du 30 novembre au 3 décembre, pour empêcher sa tenue. L’événement est au centre de Ton cœur comme un poing de Sunil Yapa qui vient de paraître chez Rivages dans une traduction de Cyrielle Ayakatsikas, un roman justement dédié « aux plus de 50 000 personnes qui ont fait en sorte que cela se produise. Un autre monde n’est pas seulement possible, il est en marche. Les jours de silence, je l’entends respirer ».

John Berger
John Berger

John Berger, né à Londres en 1926, mort le 2 janvier 2017, vivait en France depuis des dizaines d’années, en Haute-Savoie. Peintre, écrivain, critique d’art, scénariste, il nous a offert une œuvre exigeante, engagée, un travail sur les mutations du monde, les exils, entre étude sociétale et imaginaire, mêlant les genres, travaillant la richesse de leur caractère hybride. Lauréat du Booker Prize en 1972, il fit scandale en reversant publiquement aux Black Panthers la moitié de la somme reçue. La littérature, et plus généralement l’art, il les concevait comme résistance au système et engagement, dans la permanence et l’exigence d’une recherche tant formelle que politique.