Les salariés, à qui on avait déjà promis une vie d’asservissement heureux en leur faisant craindre la misère, se sont réveillés l’an dernier pour découvrir que c’est finalement la misère asservie qu’on leur impose : toujours plus d’efforts, une rétribution toujours moindre et une dignité introuvable. La « loi travail » de l’an passé a démontré qu’un conflit social de haute intensité, qui déjà ne menaçait plus l’ordre social, n’est même plus apte à faire échouer une loi, si scélérate soit-elle. Pour le comprendre, peut-être faut-il rappeler que le « mouvement social » dans sa forme, ses rituels, ses incantations, est finalement lui aussi un produit du travail, une variable stratégique sur laquelle patrons et gouvernants spéculent allègrement, en accord avec les centrales syndicales qui leur sont vendues.

Portal

Paru en 2007 et développé par le studio américain Valve, notre jeu n’est pas un récit interactif, il n’expose pas sciemment l’impossible liberté du joueur, pour finalement la donner à contempler, voire la mettre cyniquement en majesté. Portal ne se prive pas des ressources interactives du support, il les exploite même avec une intelligence rare. Portal se tient dans le strict cadre du jeu vidéo, mais il parvient tout de même à produire une critique du support tout en en respectant les canons. Mieux, le jeu réussit, par un artifice qui lui est propre, à nous faire oublier la limite fondamentale de notre liberté durant le temps de l’expérience.
Pourtant, nous sommes dès le départ prisonnier d’un laboratoire futuriste, mais sobre. Une intelligence artificielle orchestre la batterie de tests dont nous faisons l’objet. Il nous paraît impossible, là encore, de ne pas y voir une mise en abyme. Notre personnage sans histoire se secoue de son sommeil artificiel. L’expérience peut commencer.

Un aventurier de fortune porteur d’un message en quête de son destinataire, un monde de papier s’effeuillant au rythme de ses narrateurs sous les traits du ciel et de la terre et, entre les deux, vous, le Vou, tel est le nom dont vous vous retrouvez affublé dès les premières minutes. Tearaway Unfoled, dernier conte du studio anglais Media Molecule et adaptation de l’opus sorti il y a 2 ans sur Playstation Vita, offre une aventure de taille à son héros Iota et n’hésite pas à jouer constamment avec les codes de la narration et du gameplay en y incluant brillamment le joueur.