SineMensuel-n48-decembre2015

Dans son dernier billet d’humeur paru sur Siné Mensuel paru hier, le 4 mai 2016, Siné confessait étonnamment, « Je n’en mène pas trop large, je vous l’avoue et je serre les fesses comme un pressoir à olives pour évacuer le stress ! ». Le lendemain de cette publication, Siné est mort à l’hôpital Bichat des suites de l’opération. Ils ont dû oublier les olives.

Maren Sell
Maren Sell

« Tout se réduit en somme au désir et à l’absence de désir. Le reste est nuance »
Cioran

Maren Sell a été follement amoureuse de Yann Andréa. Jusqu’au point d’en être volontairement l’esclave, de le vénérer comme un dieu, de se consumer pour lui telle une adolescente saisie soudainement par les frissons du premier amour. Elle semble d’ailleurs ne pas craindre la révélation de ses agissements tempétueux et romantiques ou encore l’écriture de phrases dont la naïveté laisse rêveur : « Que chantent les anges ? L’amour naissant » ; « votre bouche était comme un papillon qui butine, d’une légèreté insoutenable ». Mis à part l’hyperbole finale qui convoque aussitôt une plume de poids, Duras ou la première amante de Yann, cette évocation idyllique de l’amour semble appartenir à une littérature d’antan, à une libido amandi très proche de jeunes personnages de Bernardin de Saint Pierre.

Les éditions Le Tripode ont publié en 2013 la biographie que Jean-Jacques Pauvert a consacrée à Sade. A cette occasion, Lucie Eple avait rencontré Jean-Jacques Pauvert dans sa maison du sud de la France, au Rayol. Jean-Jacques Pauvert, dont le nom est à jamais associé à toute littérature transgressant marges, codes et conventions, est mort en septembre 2014. Cet entretien vidéo est l’un de ses derniers. Sade, Pauvert, à jamais vivants.