Stimulant et passionnant : tels sont les deux termes qui viennent immédiatement à l’esprit après la lecture de Trompe-la-mort de Lionel Ruffel qui paraît aujourd’hui chez Verdier. Entre l’essai et l’histoire, entre le récit et la réflexion, Lionel Ruffel évoque, au moment où l’université vacille, l’humanité littéraire telle qu’elle nous fonde et telle qu’elle se transmet. Bond vers l’écriture tout autant que livre de lecteur, Trompe-la-mort soulève des questions que Diacritik a voulu poser à son auteur, l’un des artisans du Master de création littéraire à Paris 8.

Lionel Ruffel
Lionel Ruffel

« Tout problème en un certain sens en est un d’emploi du temps » affirmait, depuis sa coutumière intransigeance, Georges Bataille au seuil résolu de sa méthode de méditation qui désirait lui faire apercevoir, au-delà des sombres voiles d’un temps toujours à soi dérobé, l’instant souverain d’une expérience qui dirait la matière du présent, lui trouverait son nom enfin réel dans le langage et n’abandonnerait pas le contemporain à la part maudite de toute pensée. Nul doute qu’une telle conception qui dessine le temps comme une savante et multiple architecture dont le présent se tiendrait comme l’indépassable et permanente clef de voûte trouve un fracassant écho dans Brouhaha de Lionel Ruffel, puissant essai sur le sens du contemporain et de ses mondes qui vient tout juste de paraître chez Verdier.