« L’Histoire américaine qui était la mienne n’était pas un récit triomphal, mais une monumentale tragédie. (…) Être noir en Amérique c’était être victime d’un pillage. Être blanc c’était tirer profit de ce pillage, et parfois, y prendre part directement. (…) Le racisme c’était du banditisme pur et simple. Et le banditisme pour l’Amérique, n’était pas accidentel : il lui était indispensable » (163).

L’ouvrage de Ta-Nehisi Coates, We were eight years in Power : An American Tragedy (2017), vient d’être traduit en français sous le titre Huit ans au pouvoir. Une tragédie américaine, par la prestigieuse maison d’édition Présence Africaine.

« J’aimerais que les générations à venir quand elles recherchent la Martinique authentique se replongent dans tout ce qu’il a écrit, car Zobel c’est une mine […] Je dis que Zobel, c’est notre Pagnol. Zobel, c’est le peintre du petit peuple de la Martinique […] C’est vraiment un personnage extrêmement important et une figure illustre de notre culture » (Euzhan Palcy) 

En ce mois de mai 2018 où de nombreuses manifestations célèbrent Césaire, de plus en plus lu et connu dix ans après sa mort, il est bien aussi de revenir à celui qui fut dans l’ombre de son compatriote : Joseph Zobel.

Un roman étranger (2017) est le premier roman de Khalid Lyamlahy. Trois lignes mélodiques composent le tempo de cette fiction : celle qui est dominante, le document d’identité au sens propre du terme — un étudiant étranger est aux prises, chaque année, avec le renouvellement de son titre de séjour, dominante qui éclaire en grande partie la dédicace (« Aux étrangers d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui. Aux miens ») ; les deux autres lignes mélodiques ont aussi à voir avec la construction de l’individu — la recherche de l’amour et la tentative d’écrire un roman. D’où le titre et le projet, sur lequel revient l’écrivain dans un entretien.

Daniel Maximin (DR)

Daniel Maximin, l’écrivain qui a pu écrire dans son premier roman : « ma soif invente encore des sources, et les sources s’élancent dans l’ignorance des mers et des déserts », vient de voir l’ensemble de son œuvre distingué par un prix de l’Académie française. C’est le moment donc de (re)visiter cette œuvre majeure des dernières années du XXe siècle et de notre XXIe siècle.