Daniel Maximin (DR)

Daniel Maximin, l’écrivain qui a pu écrire dans son premier roman : « ma soif invente encore des sources, et les sources s’élancent dans l’ignorance des mers et des déserts », vient de voir l’ensemble de son œuvre distingué par un prix de l’Académie française. C’est le moment donc de (re)visiter cette œuvre majeure des dernières années du XXe siècle et de notre XXIe siècle.

Léonora Miano

« La cicatrice n’est pas la plaie. Elle est la nouvelle ligne de vie qui s’est créée par-dessus. Elle est le champ des possibles les plus insoupçonnés »

Léonora Miano, écrivaine plus connue comme romancière que comme essayiste, offre pourtant une contribution conséquente dans le domaine de l’écriture réflexive. Son apport est en relation avec ce qui l’a précédé mais aussi porteur de propositions passionnantes, dérangeantes parfois, pour notre monde d’aujourd’hui.

Kateb Yacine – Sony Labou Tansi – Aimé Césaire

Les trois ouvrages que nous présentons ont la particularité de se construire sur des rencontres, des amitiés, des connivences. Ils redonnent ainsi une dimension humaine, parfois un peu oubliée par la critique littéraire, sans sacrifier la part d’analyses et de transmission des savoirs, indispensable. Ils se concentrent autour de trois figures prestigieuses : Kateb Yacine (Algérie, 1920-1989) – Sony Labou Tansi (Congo, 1947-1995) – Aimé Césaire (Martinique, 1913-2008).

Ces 12 et 13 janvier se tiendra à l’Université de Cergy-Pontoise un colloque international sur les écritures francophones de la catastrophe naturelle. Conjointement organisé par Christiane Chaulet-Achour et Sylvie Brodziak, ces deux journées chercheront à poser la question d’une écriture de la catastrophe, de l’existence d’une littérature de survie et de résistance face à ce qui, incessamment, détruit.

Fouad Laroui
Fouad Laroui

Avec la rentrée littéraire, de nombreux spécialistes en littérature sont sollicités pour donner leur palmarès réduit des romans qu’ils conseillent de lire sur les près de 600 publiés. Sur la 2, le 16 septembre, Pierre Assouline propose trois romans qui ne sont pas ceux dont je vais parler ; ils n’apparaissent pas non plus dans d’autres sélections. La présentatrice demande au critique d’expliquer son scepticisme face aux romans qui choisissent d’évoquer l’actualité : migrants, islamisme, terrorisme. Sa première explication est que ces sujets sont tellement traités par les médias qu’il y a peu de chance qu’ils retiennent l’attention des lecteurs ; la seconde explication est le manque de distance de la part des écrivains et des lecteurs pour parvenir à créer un univers littéraire. C’est pourtant ce type de romans que j’ai choisi parce qu’ils m’ont paru particulièrement intéressants et qu’ils enrichissent nos approches des faits.

Sous le titre Le grand camouflage, Écrits de dissidence (1941-1945) (Paris, Seuil, 2009, puis 2015), Daniel Maximin a eu l’heureuse idée de réunir en un volume les articles rédigés par Suzanne Césaire dans la revue littéraire et culturelle martiniquaise Tropiques, durant les années de guerre. Heureuse et lumineuse idée car cette édition permet de (re)découvrir une voix féminine restée dans l’ombre, cachée derrière la présence solaire de son époux Aimé Césaire.