Avant que 2017 ne referme ses portes le New York Times, tout comme son confrère britannique The Guardian, a établi une short list de romans publiés l’an dernier et qu’il ne faudrait surtout pas oublier à l’aube de 2018. A l’instar du quotidien britannique, le NYT a placé en tête, ce qui ne surprendra personne, le Lincoln in the Bardo de George Saunders, ainsi que Exit West de Mohsin Hamid, également mentionné par le Guardian, roman qui vient de paraître en France chez Grasset dans une traduction de Bernard Cohen. Vient ensuite le roman de l’écossaise Ali Smith, Autumn.

Kazuo Ishiguro

Le 5 octobre 2017 demeurera un grand jour pour la littérature britannique et pour la littérature en général puisque le jury du prix Nobel a décidé d’attribuer la récompense suprême à un orfèvre, qui cisèle les mots avec passion tout en proposant des intrigues habilement construites et envoûtantes, Kazuo Ishiguro, un auteur qui fait rêver, réfléchir et aimer la langue qu’il utilise.

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D’après la légende, désireux d’acquérir une connaissance parfaite des poisons et de leurs antidotes, le roi Mithridate VI (132-63 av. J.C.) avait réussi à s’immuniser totalement contre leurs effets en ingérant régulièrement de petites doses tout au long de son existence. A tel point qu’au moment de se donner la mort, il se rendit à l’évidence et à pied à la caserne la plus proche afin de se faire embrocher par un de ses mercenaires pour pouvoir en finir. Moins d’une semaine après l’élection américaine, dressons un parallèle entre l’empoisonnement antique et le populisme contemporain qui a conduit successivement au Brexit et à l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis.