Si Béatrice Commengé ne semble jamais arriver à destination, dans Ne jamais arriver, elle donne l’impression de voyager, réellement. Une fois le livre refermé, lu, nous avons presque eu l’impression, paradoxalement, d’être allé avec elle jusqu’à Contantza, en Roumanie, sur les bords de la mer Noire.
Béatrice Commengé
« Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul bananier, rue des Bananiers. Je regrette que la rue ait perdu son nom aujourd’hui, qu’elle ait troqué un nom d’arbre pour un nom propre, Bouchareb » : la subtilité de la topobiographie de Béatrice Commengé est peut-être tout entière concentrée dans cette phrase qui n’est pas seulement le commentaire du titre du livre mais bien le soulignement de la place des mots dans notre manière d’habiter le monde, de la présence/absence à soi d’un lieu, et plus largement de l’Histoire, des histoires, quand « c’est fini », derniers mots de ce texte magnifique.