Amélie Lucas-Gary

Tous les jours, on surveille l’eau. On va voir ce qui sort de la Seine. Ce soir, on découvre sur les quais des batardeaux dont les bastaings ont été empilés la nuit précédente, et des murets de parpaings montés sans qu’on s’en aperçoive. On n’a rien vu venir. Ils sont drôles comme leur nom, mais on a le rire jaune quand on pense à l’eau qui pourrait s’insinuer dans nos maisons, qui remplirait d’abord les caves avant de diluer la terre des jardins, pour finalement tout recouvrir de noir. Depuis des jours, la pluie tombe et l’eau monte.