Lauréat du Pulitzer pour The Underground Railroad, Colson Whitehead a été couronné une nouvelle fois pour The Nickel Boys, devenant après Booth Tarkington, William Faulkner et John Updike le quatrième romancier à recevoir à deux reprises la plus prestigieuse des récompenses littéraires américaines. Nickel Boys qui décrit la Floride ségrégationniste des années 1960 et dialogue avec l’héritage du Dr. Martin Luther King vient de paraître chez Albin Michel dans une traduction signée Charles Recoursé.

Lamentable ? Navrant ? On a du mal à trouver les mots qu’il faudrait. On ne veut pas lui faire de la pub. On cherche plutôt le symptôme. De quoi cet « essai » est-il le nom ? Des sottises, on en écrit depuis toujours et on devrait s’y être fait… Mais on se sent soudain une âme de lanceur d’alerte et le radar ABRL (« Attention Baufitude en Roue Libre ») clignote trop sa race.

Il est rare de pouffer de rire, en lisant un roman. Qui plus est : un roman sur la (grave) question des origines et des (sacro-saintes) racines. Quoi de plus salvateur que de rire à un enterrement – celui du père, en l’occurrence ? Effacer sa trace de Malika Wagner fait partie de ces livres, facétieux et légèrement désespérés, dont certains passages arrachent le sourire (voire le fou rire) aussi sûrement qu’un dessin de Reiser ou qu’une blague de Fellag. On ne rit jamais mieux qu’en s’attaquant aux siens.