Ça commence, chaque fin d’été, par la palanquée de romans qui paraissent dans le cadre de la « rentrée littéraire ». On dit qu’ils sont 459 cette année, répartis entre la fin du mois d’août, septembre et octobre — 459 romans, dont 68 premiers romans et 148 traductions. Je m’attèle alors à un drôle de travail : je sélectionne.

Il y a tout juste un an, Robin Josserand signait le beau et prometteur Prélude à son absence (Mercure de France, 2023), roman de l’impossible amour entre le narrateur et Sven, jeune homme perdu, vivant dans la rue, avec qui il entreprenait pourtant un voyage au fin fond de la Bretagne pour éprouver les affres d’un désir qui se sait voué à n’être jamais assouvi. Un roman qui pouvait se lire comme « le discours d’un fragment amoureux », qui cartographiait l’attente, l’espoir, la souffrance, le côté sombre et crasse de ce qui nous meut, aussi, quand le corps de l’autre attire. Un roman où circulaient Genet et Guibert, comme les ombres ou les fantômes d’un passé littéraire.