Depuis une semaine bientôt, troquets, réunions à la machine à cafés ou encore attroupements à la photocopieuse ne bruissent que de l’affaire Zemmour, celle qui, dimanche dernier, le vit affirmer à Hapsatou Sy que son prénom ne se contentait pas de pas être assez français mais qu’il était, en outre et pour finir, « une insulte à la France ».

Vincent Kaufmann (Photo : Marie Aubert)

Dans Dernières Nouvelles du spectacle, Vincent Kaufmann se livre au sujet de la littérature actuelle à un exercice de haute verve, où il se plaît à tirer en maintes directions. Pour lui, et comme le pensent quelques autres, le champ des lettres tel qu’on l’a connu n’est pas loin de se dissoudre aujourd’hui au profit d’une mise en spectacle accélérée que Kaufmann rabattra par ailleurs sur une économie de l’attention. C’est ainsi qu’il qualifiera la majorité des produits que l’on nous sert aujourd’hui sous le nom de littérature (écrivains et livres) de « canada dry » : ils n’existeraient plus que sur le mode du « simili ». Comme quoi ce n’est plus du véritable littéraire que l’on vous sert sous ce nom, car ça n’en a plus que l’apparence. Et cela veut que quantité de personnes « prennent la plume » désormais sans qu’il y ait dans leur nombre de véritables auteurs. C’en serait donc fini du « champ littéraire » tel que le décrivait Pierre Bourdieu en 1992 avec sa structure ternaire d’une production d’avant-garde, d’une production moyenne et d’une production massive, toutes trois relevant d’une gestion contrôlée par diverses instances. Un tel champ ne ferait donc plus que survivre vaille que vaille.

Le comité de visionnage de Diacritik a regardé 21cm, la nouvelle émission littéraire de Canal Plus dont la première a eu lieu hier soir à 22h50. Verdict façon jury d’épreuve de patinage artistique, avec ses notes techniques (on plaisante) et la subjectivité assumée d’enfin voir une nouvelle émission consacrée aux livres à la télévision. Fût-elle sur une chaîne cryptée.